Apr 07 2009

Thérèse Raquin

Published by Jérôme Delacroix under livre

La lecture du roman de Zola m’a frappé parce qu’il est construit comme une démonstration mathématique. Une jeune femme pleine de fougue mais contrariée dans ces élans par une éducation étouffante, mariée à un homme maladif et terne, rencontre un jour un homme sanguin, d’une sensualité brutale. Que va t-il se passer ? La jeune femme et celui qui apparaît au départ comme une brute épaisse deviennent amants ; leurs corps deviennent fous l’un de l’autre. La passion les enchaîne et les pousse au meurtre du mari.

Ils rêvaient de se marier ; mais le souvenir du crime va les hanter, poussant leur cerveau à la folie. Leur corps, marqué par un “remords physique” va endurer d’atroces souffrances. Finalement, ils vont se suicider, seule issue leur apparaissant à cet enfer sur terre.

Ce roman a défrayé la chronique. D’aucuns l’ont jugé immoral. Beaucoup ont critiqué l’absence total de libre arbitre chez les héros. Pourtant, cette histoire est finalement très morale : le crime ne paie pas, les meurtriers endurent un calvaire. Leur remords a beau être purement physique, c’est quand même un remords. On n’est pas si loin finalement de la morale chrétienne dans ce roman où Dieu est absent.

Il est en revanche surprenant de voir que, paradoxalement, l’ouvrage ne traitant que du corps s’inscrit, par contrecoup, dans la plus pure logique dualiste séparant âme et corps. En rendant volontairement la première absente, Zola indique combien elle est de nature différente du corps. Dans Thérèse Raquin, l’âme brille littéralement par son absence.

En définitive, ce dualisme paradoxal est bien anachronique. Mais l’ouvrage est en revanche toujours d’actualité pour illustrer l’impact d’un milieu ou des circonstances sur la vie des individus.

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Mar 25 2009

Mes Tweets du 2009-03-25

Published by Jérôme Delacroix under Uncategorized

  • Etonnant : tous les vendeurs de journaux Relay que je croise dans le métro et qui alpalguent les voyageurs ont la soixantaine bien sonnée. #

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Mar 21 2009

Mes Tweets du 2009-03-21

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  • Incroyable. Deux colosses body-buildés avec badge SURETE RATP, talkie et matraque, controlent les titres des voyageurs dans le bus. #
  • Je preferais les costumes verts caca d’oie des anciens controleurs. #
  • Sommeil polyphasique (http://is.gd/omh2) et rêve lucide (http://is.gd/omhh) : plein de nouveau sous le sommeil. #

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Mar 11 2009

Mes Tweets du 2009-03-11

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  • @PPC Content de t’avoir revu et merci pour la belle présentation de ce soir ! #

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Mar 08 2009

Mes Tweets du 2009-03-08

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Mar 08 2009

Les gens

Published by Jérôme Delacroix under livre, livres

Je termine la lecture du dernier roman de Philippe Labro : “les gens”. J’aimerais vous livrer, sans ordre pré-établi, les impressions que m’a laissé cet ouvrage.

Le titre et la 4ème de couverture m’ont particulièrement attirés. La 4ème de couv’, reprise dans le livre parmi d’innombrables autres citations, est la suivante :

“Le sage doit rechercher le point de départ de tout désordre. Où ? Tout commence par le manque d’amour.”

Mo-tzu, philosophe chinois, 479-391 av. J.-C.

Je m’attendais à un ouvrage plein de sympathie pour nos contemporains, les inconnus que nous croisons au quotidien, nos proches. Labro exprime en effet beaucoup d’humanité et de sympathie pour les héros de son roman mais pas, comme je l’imaginais, pour des personnes à la vie ordinaire, des personnages du quotidien, des Monsieur et Madame Tout-le-Monde. En fait, le roman se passe pour l’essentiel dans la haute bourgeoisie californienne, la bobosphère parisienne et le microcosme audiovisuel. Sans doute Labro (que je ne connais pas) parle t-il des gens qu’il cotoie au travers de sa profession. Mais pour moi, ces catégories de la population ne sont pas représentatives “des gens”, mais justement de types socioculturels bien précis.

Il est vrai que le titre est un défi. “Les gens” existent-ils ? Comment parler d’une telle généralité ? Il y a bien deux passages où, en quelques pages, Labro décrit tout ce qui se passe en dehors de la dizaine de vie dans lesquelles il nous fait rentrer ; mais “les vrais gens” sont assez absents de ce livre.

D’autant plus absents que tous les protagonistes du roman ont de fortes personnalités. Tous excellent, dans leur registre. Ils font montre d’une grande détermination. Or, les gens (la plupart d’entre nous) ne sont pas des héros. Nous hésitons ; nous tergiversons ; nous changeons d’avis ; nous sommes forts et faibles à la fois. Les personnages de Labro ressemblent trop à des archétypes, des figures représentatives, bref sont trop parfaits pour être crédibles.

Sur le style, enfin, je trouve que Labro abuse des néologismes et des onomatopées. Je ne lui ferai pas le reproche d’abuser des citations, car il s’en explique lui-même, dans la bouche de l’un de ces personnages : les personnages que l’on cite ne sont pas des refuges, ce sont des rencontres.

Malgré tout, j’ai passé un agréable moment à la lecture de ce roman. L’intrigue est prenante, on s’attache aux personnages. Il y a un côté cinématographique (un soupçon de violence, un tantinet de sexe), de l’action. Les 450 pages du livre s’écoulent agréablement, mais sans plus.

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Mar 06 2009

Mes Tweets du 2009-03-06

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  • La France dans le commandement intégré de l’Otan : pourquoi diable serait-ce tout d’un coup indispensable désormais ? #

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Mar 01 2009

Mes Tweets du 2009-03-01

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  • is staying in line for the ATM, then the butcher. Next station: the bakery. #

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Feb 26 2009

Mes Tweets du 2009-02-26

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Feb 24 2009

De la mort d’une Levalloisienne au Caire aux caméras de surveillance à Paris

Published by Jérôme Delacroix under Uncategorized

Le rapport, me direz-vous, entre le décès tragique d’une jeune fille de 17 ans au Caire et le plan visant à installer 1000 caméras de surveillance supplémentaire à Paris d’ici 2011 ?

Très simple : la violence des attentats, qui paraissait lointaine, prend une nouvelle acuité pour vous lorsque vous apprenez que quelqu’un, dans votre ville, a été touché. La prise de conscience se fait plus forte que la planète est petite et que la violence et la souffrance des uns peuvent vite devenir la souffrance des autres.

Alors pour lutter contre l’insécurité et les menaces terroristes, la mairie de Paris soutient le plan d’installation de caméras de télésurveillance, dans l’indifférence quasi générale. Mais jusqu’où sommes-nous prêts à laisser s’installer des atteintes possibles à notre liberté (atteintes possibles, pas avérées néanmoins) pour garantir notre sécurité ?

Il y a bien des collectifs qui se constituent pour dénoncer ce plan. Mais d’un autre côté, ces opposants, que proposent-ils pour assurer notre sécurité ?

Comment extirper les racines de la violence, seul moyen que nous ayons de pouvoir continuer à vivre en paix ?

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