Et le hasard, bordel !

 

Œuvre d’Amélie Juillard

Les Echos du 11 septembre 2014 nous présentent la statup Ciggo. Celle-ci permet à des voyageurs de se mettre en relation avec d’autres, sur le même train, avant le départ, pour participer à des mini réunions.

Brillante idée pour occuper ses trajets ! Cette initiative n’est pas sans rappeler celle d’une autre startup, Train d’union, qui permettait une mise en relation entre voyageurs, il y a quelques années.

D’un côté, cette offre est géniale. Elle permet d’utiliser le temps de trajet intelligemment. D’un autre côté, je me dis que le voyage, c’est aussi la découverte, l’inconnu. Pas seulement le voyage lointain. Même un voyage professionnel banal peut être marqué par des rencontres surprenantes, qui peuvent parfois décider d’une vie.

Le Web 2.0, les médias sociaux, le mobile, sont des inventions remarquables, sans conteste. Mais elles relèguent de plus en plus le hasard à la portion congrue dans nos vies.

Or, on découvre aussi par sérendipité, sans forcément chercher quelque chose de précis.

Moins on laisse de place au hasard, plus on maîtrise chaque instant de sa vie, plus on est libre, d’une certaine façon. Mais d’un autre point de vue, on arrive à une conception de la vie comme un mécanisme dans lequel il n’y aurait plus de jeu, dans le double sens du terme.

Or, c’est dans le jeu que peut se loger la liberté.

L’un des cofondateurs de Ciggo déclare avoir eu l’idée du site à l’occasion d’un voyage : « Un jour où je prenais le TGV de Charleville-Mézières à Paris, je ne savais pas comment occuper mon temps de trajet (1 h 45). »

En d’autres termes, il risquait de s’ennuyer.

Mais risquer de s’ennuyer, c’est déjà risquer quelque chose. Et qui sait les fruits délicieux que peut, peut-être, porter le risque ?

L’Assurance maladie, ce sont 70 000 emplois en France !

Assurance maladie : 70 000 emplois

Assurance maladie : 70 000 emplois (CC) Gláucia Góes

Près de 70 000 personnes travaillent dans les caisses d’assurance-maladie en France. Le gouvernement prévoit de supprimer 4 500 emplois d’ici la fin du quinquennat de François Hollande, par le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux. L’objectif est de tenir une réduction des coûts de gestion de 3% d’ici à 2017.

Toujours d’ici 2017, le tiers-payant généralisé devrait être mis en place. Pour rappel, ce dispositif dispensera les assurés de l’avance des fonds lorsqu’ils vont chez le médecin. Ce changement permettra-t-il de réduire les coûts de gestion de l’assurance maladie en général, et donc le coût de la santé publique ? Dans ce cas, il serait en cohérence avec la réduction des effectifs. Au contraire, va-t-il entraîner une augmentation des frais de remboursements, les malades hésitant moins à aller chez le médecin, au moindre rhume ?

Qu’en pensez-vous ?

Parlez-vous Macdo ?

La dernière campagne de publicité de Mac Donald’s peut faire sourire certains. On y voit des Français baragouinant un sabir de français et d’anglais.

Mais on ne peut pas dire que la pub soit à se tordre.  Quels Français auraient envie de ressembler à ces deux beaufs sur la plage ? Peut-on s’enorgueillir d’écorcher à la fois la langue de Molière et celle de Shakespeare, dans un globish de bas étage ?

Pub MacDo

Très imparfait !

On a sûrement mieux à espérer que cette malbouffe et ce jargon.

L’amour, c’est pas si bête !

L'amour, c'est pas si bête

L’amour, c’est pas si bête

Si vous en doutiez encore, vous devez absolument visiter l’exposition qui se tient au Jardin des Sciences de Dijon jusqu’au 4 janvier 2015. Vous y apprendrez des foules de choses sur la reproduction sexuée et asexuée dans la nature, sur le rôle de la séduction chez de nombreuses espèces, et pourrez vous demander si l’amour est le propre de l’homme. L’exposition est à la fois très riche sur le plan scientifique, remarquablement conçue d’un point de vue graphique et très pédagogique. Les petits et les grands y découvrent mille choses, tout en s’amusant. Qui plus est, l’entrée est gratuite. Alors, pourquoi ne pas laisser à votre tour un petit mot sur l’Arbre à message d’amours qui clôture l’exposition ?

L'arbre à messages d'amour (Dijon)

L’arbre à messages d’amour (Dijon)

Pour en savoir plus : dossier de presse de l’exposition

Jouez, jeunesse !

Muriel Mayette-Holtz, Administratrice de la Comédie Française

Muriel Mayette-Holtz

Extrait de la brochure 2014-2015 de la Comédie Française :

« Dans le débarras de nos adultes songes, une place, toujours, est faite à la jeunesse.  Avec douceur, avec tendresse, elle scintille en notre âme et conscience sur ces hôtes étagères que sont les responsabilités, la transmission, l’avenir ou encore le partage. Cependant, lorsqu’il nous est donné de la faire émerger à la lumière du réel, son éclairage
juvénile en nous se crispe irrémédiablement de colorations
inquiètes et de perspectives encombrées. »

Muriel Mayette-Holtz
Administratrice générale
de la Comédie-Française

Et si c’était ça, le grand défi de l’âge adulte ? Conserver la fraîcheur du regard, la clarté de l’esprit, la joie de vivre évidente, en sachant ce que l’on sait, en faisant ce que l’on doit ?

Qui est gaulliste ?

Le général de Gaulle

Le général de Gaulle

Certains hommes politiques se qualifient eux-mêmes de gaullistes, et inscrivent leur formation dans le gaullisme. C’est le cas, par exemple, de Nicolas Dupont Aignan et de son parti, Debout la République.  Quelle que puisse être la sincérité de Nicolas Dupont Aignan, je désapprouve, pour ma part, ce genre de revendication.

Le général de Gaulle est un personnage historique, dépassant de beaucoup tous nos politiciens actuels. Il a vécu à une certaine époque. Le monde était différent. Se dire « gaulliste » aujourd’hui me paraît présomptueux. Face aux enjeux du monde actuel, que dirait, que ferait un général de Gaulle ?

Je trouve aussi que qualifier son propre engagement, et par incidence, ses propositions, de gaullistes, tend par contrecoup à enfermer le Général dans un « concept » : le gaullisme. Pas sûr que le grand Charles apprécierait d’être affublé d’une étiquette, d’être ramené à une case sur l’échiquier politique. Autrement dit, se réclamer du gaullisme me paraît réaliser une réduction du Général à un simple précipité, comme on dit en chimie : un concept, une idéologie, un « -isme ».  Selon moi, le général de Gaulle lui-même n’était pas gaulliste, il transcendait les idéologies, les partis, avec une « certaine idée de la France ».

Enfin, un parti ouvertement gaulliste me paraît opérer une tentative de confiscation, de privatisation de la pensée du général de Gaulle. « Le gaullisme, c’est moi ». Non, le gaullisme, ce n’est personne. Cela n’existe pas. Ce qui existe, c’est un exemple, une inspiration, voire un modèle : le général de Gaulle.

A chaque époque, ses héros. Le monde d’aujourd’hui a besoin de nouveaux héros, singuliers, inédits, pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui, avec conviction et pragmatisme en même temps. C’est sûrement ce que le Général ferait, lui.

Mais pourquoi donc des policiers chinois à Paris ?

Mise à jour 16/08/2014 : finalement, le Ministère de l’Intérieur a abandonné le projet.

Des policiers chinois seront présents à Paris cet été pour « rassurer » les touristes de l’Empire du Milieu. Les policiers français ne seraient-ils donc pas suffisamment rassurants ? Il est vrai qu’ils n’avaient pas fait forte impression au moment du passage de la flamme olympique en 2008, en n’étant pas capable de contenir les manifestations de RSF. Mais le maintien de l’ordre n’est-il pas du ressort du ministère de l’Intérieur ? Avons-nous besoin maintenant de forces étrangères sur notre sol pour assurer l’ordre et l’autorité ? Alors que notre indépendance est déjà fortement atteinte par les transferts de souveraineté consentis à l’Union Européenne, ce fait est symptomatique de la déliquescence de l’autorité de l’Etat.

Fabius accueille des touristes chinois à l’aéroport… pour parler droits de l’Homme ou shopping ?

Mais il est vrai que nos plus hauts représentants au gouvernement estiment maintenant que leur rôle consiste à faire le VRP à  l’aéroport. Finalement, tout se tient, mais pendant ce temps la France se défait.