Archive for January, 2010

Jan 31 2010

La conquête de l’espace, victime de la crise ?

Published by Jérôme Delacroix under science

D’après le New-York times, le président Obama a décidé de passer au peigne fin les dépenses prévues pour les programmes spatiaux américains. On peut citer notamment le projet Constellation, qui a en ligne de mire le retour de l’Amérique sur la Lune à l’horizon 2020. Une belle bataille semble s’annoncer puisque le Congrès, lors de l’adoption du budget 2010, a fait passer une clause selon laquelle aucune somme ne pourrait être consacrée à l’annulation ou à la modification de Constellation sans son accord.

Alors, l’Amérique retournera t-elle ou non sur la Lune ? La Chine, elle, ne cache pas ses ambitions en la matière, avec un objectif fixé à 2020-2030.

L’éternel débat sur l’utilité de la conquête spatiale est relancé : doit-on dépenser des sommes folles pour l’espace alors qu’il y a tant à faire sur la Terre ?

Paradoxalement, ces hésitations concernant le retour sur la Lune pourrait servir les thèses de ceux qui soutiennent qu’il faut lancer dès maintenant un programme de conquête de Mars, sans passer par la case lunaire. C’est notamment le cas de Robert Zubrin, tenant d’un projet appelé Mars Direct, dans lequel une mission humaine pourrait partir, à moindre coût, vers la planète rouge, directement depuis la Terre.

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Jan 24 2010

Y a t-il un progrès en amour ?

Dans son dernier essai, Le paradoxe amoureux, Pascal Bruckner dresse un panorama des péripéties de l’amour, dans le quotidien de nos vies et dans l’Histoire. L’une des thèses qui traverse le livre est qu’ « il n’y a pas de progrès en amour ». Mais est-ce si sûr ? Tout progrès est-il réellement hors de portée en amour, que ce soit dans notre vie quotidienne ou dans l’Histoire ?

L’amour des années 1970 à nous jours : révolution ou statu quo ?

L’auteur commence par évoquer ses souvenirs des années 1970, marquées par la libération des mœurs et le thème de l’ « amour libre ». Il s’agissait de faire sauter en éclat les anciens carcans, hérités d’une conception à la fois matrimoniale et patrimoniale de l’amour. Dans cette conception, le lieu de l’amour devait être le couple marié, même si cette position de principe était davantage animée par un souci de préservation d’intérêts financiers que par la flamme unissant deux êtres.

L’amour libre devait débarrasser l’humanité de cette hypocrisie, en remettant au cœur des relations le sentiment et le corps.

Quelques années plus tard, pourtant, on a retrouvé nombre des hérauts de cette nouvelle vision confortablement installés dans le mariage, se retournant à peine avec nostalgie sur leur jeunesse réformatrice.

Le couple, l’institution du mariage, l’importance de la fidélité, l’attachement à la famille n’ont pas été emportés par le tourbillon de l’Histoire. On les retrouve, plus vivaces que jamais, en ce début de vingt-et-unième siècle.

Est-ce à dire que tout est redevenu comme avant ? Loin s’en faut. La vie commune avant le mariage, le divorce, les naissances hors mariage, l’union libre, le PACS, se sont durablement ancrés dans les pratiques et dans les mœurs.

Si le couple, le mariage, la fidélité et la famille sont toujours aussi importants, le contenu de ces mots a changé. C’est le sentiment d’amour qui, seul, aujourd’hui, les justifie et leur donne de la valeur.

C’est ainsi que notre génération assemble de manière inédite des briques issues de la tradition et de nouvelles expressions sociales de l’amour, dans une recherche d’authenticité. Le couple, la famille, sont acceptés et même recherchés à condition d’être suffisamment souples pour s’adapter au temps qui passe, se réinventer, nourrir la vie au lieu de la figer.

Les relations amoureuses d’aujourd’hui ne sont pas de longs fleuves tranquilles. Elles sont faites d’attachement, de tendresse, de sexualité, de fidélité, d’infidélité, de ruptures temporaires ou définitives, de conflits.

La révolution des mœurs des années 1970 n’a pas tout bouleversé ; elle n’a pas non plus été un échec. Elle a ajouté une couche de complexité supplémentaire. Elle a libéré l’amour de ces anciennes entraves tout en mettant en lumière de nouveaux problèmes. « La liberté n’allège pas, elle alourdit », écrit Pascal Bruckner.

Peut-on dire pour autant qu’il n’y a pas eu de progrès en amour ? Accordons-nous pour dire que le progrès est une amélioration, un changement en bien. Dire qu’il n’y a pas eu de progrès n’est vrai que si l’on assimile le bien au bien-être. Il n’est pas sûr que l’amour d’aujourd’hui soit plus heureux que celui de 1960. Mais il a assurément conquis des degrés de liberté, et c’est là un réel progrès.
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Jan 16 2010

Quand Google copie Europe 1 pour sa pub

Published by Jérôme Delacroix under pub

Depuis quelques jours, des affiches fleurissent dans le métro pour vanter les mérites du navigateur Chrome. Elles égrennent une série de chiffres, pour terminer par un lapidaire “1 navigateur”.

chrome-affiche

Ces affiches ne sont pas sans rappeler une autre campagne, démarrée plusieurs mois auparavant, celle d’Europe 1 :

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Alors Google est ouvert…mais pas toujours très imaginatif !

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Jan 03 2010

Les SMS frappent toujours deux fois

Published by Jérôme Delacroix under humour

Il y en a qui n’ont vraiment pas de chance… Cité dans Le paradoxe amoureux par Pascal Bruckner, qui l’a repéré dans viedemerde.fr :

“Aujourd’hui, j’ai reçu deux SMS de ma copine. Le premier pour me dire que tout était fini, le second pour me dire qu’elle s’était trompée de destinataire.”

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Jan 02 2010

Génération Y ou comment on peut très bien être sociable et fan de World of Warcraft

Quand on est au milieu de la trentaine avec dix ans d’expérience professionnelle derrière soi, on n’est pas forcément encore un vieux con, mais on n’est plus non plus un jeunot. L’avantage de cette position équilibrée, c’est que l’on peut regarder ses aînés en se disant que, non, décidément, on ne sera jamais comme eux, et se pencher avec condescendance un regard plein de tendresse vers les stagiaires ou les jeunes embauchés.

En ce qui me concerne, j’ai eu la semaine dernière une conversation passionnante avec un collègue de 23 ans qui m’a appris une foule de choses sur World of Warcraft. Il m’a expliqué comment on pouvait y jouer en mode RP (role play) et l’étiquette que cela imposait : pas d’allusion au monde réel du joueur, immersion totale dans l’ambiance, façon de s’exprimer médiévale, etc.

Il m’a expliqué que lorque l’on joue à ce genre de jeu, on a une deuxième vie : on est quasi obligé de jouer tous les jours, sauf à perdre complètement le fil. Il a eu cette image édifiante : ne pas jouer tous les jours, c’est comme si dans la vie réelle, on ne vivait qu’un jour sur deux ; on ne comprendrait rien au monde. Pour un fan de Marcel Aymé tel que moi, cette phrase m’a immédiatement fait penser à la nouvelle “Le temps mort” où le pauvre Martin vit, justement, un jour sur deux.

Il m’a confié également que, lorsqu’il était étudiant, il pouvait y jouer 5 à 6 heures par jour, le week-end.

Pourquoi accrochait-il tant à cet univers ? Pour l’aspect communautaire. Il appréciait de retrouver sa “guilde”. C’est bien pour cela, selon lui, que les joueurs s’abonnent au service, bien plus que pour tuer des monstres.

Or, ce collègue est l’un des plus sociables de la boîte. C.Q.F.D. : l’univers des mondes permanents n’est pas un repaire d’associaux ou de déséquilibrés. Il y en a sûrement, mais ils ne sont pas représentatifs du phénomène. Moi qui ne joue pas à ces jeux et ne les connaît, finalement, que par la presse, j’ai pu me rendre compte du fossé entre l’image d’Epinal véhiculée au sujet des gamers et le discours d’un gamer véritable qui existe et que j’ai rencontré.

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