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5 choses que je n’ai pas vues en Chine

Lors de mon séjour en Chine en décembre 2013, je n’ai pas vu :

  • de nuages

Le ciel était soit très bleu (temps froid sec à Pékin et chaud à SanYa), soit couvert. Mais lorsqu’il était couvert, c’était de smog, ce mélange de pollution et de brume. Ainsi, dans le parc naturel de Yanoda, à Hainan, on devrait avoir une splendide vue depuis la montagne. Mais à cause du smog, la vue se résume à ceci :

Smog à Hainan
Smog à Hainan
  • de mendiants

Ni dans la rue, ni dans le métro à Pékin.

  • de foie gras

Dommage, pour les fêtes de fin d’année

  • de seins nus sur les plages de Hainan

Dommage, pour les fêtes de fin d’année.

  • de cigarettes électroniques

En revanche, les hôtels comportent toujours des chambres fumeurs, ce que je n’avais pas vu depuis longtemps, et on peut fumer dans les restaurants.

Comment le sentiment anti-japonais se diffuse chez les Chinois

Caricature française (début XXème) : Chine et Japon tentant de
Caricature française (début XXème) : Chine et Japon tentant de « pêcher » la Corée, avec la Russie en arrière-plan

Ce n’est rien de dire que les exactions perpétrées contre la Chine par le Japon au XXème siècle ont laissé une plaie à vif dans la société chinoise. Le récent regain de tension entre les deux pays n’a fait qu’exacerber un sentiment anti-japonais dans la population chinoise. Cela se ressent dans les conversations que l’on peut avoir avec des Chinois et dans la place accordée à la crise sino-japonaise dans les médias. Mais cela se traduit aussi dans les programmes de divertissement diffusés à la télévision ! Ainsi, les fictions historiques sont un genre développé en Chine, et j’ai pu constater combien l’histoire compliquée et douloureuse avec le Japon était une source d’inspiration sans fin  pour les scénaristes ! Mais ce qui m’a le plus frappé lors de mon séjour récent en Chine, c’est un dessin animé diffusé à la télévision et qui s’intitule « frappez les envahisseurs ». Il raconte l’histoire d’un village chinois occupé par des soldats japonais, largement tournés en ridicule. Il me semble que ce genre de programme ne fait que nourrir l’animosité entre les deux peuples, dès le plus jeune âge, et je dois dire que cela m’a choqué.

Quand l’écologie s’éveillera, la Chine respirera

L’île de Hainan, au Sud de la Chine, connaît actuellement un développement considérable… et accéléré. La Chine est en train d’y bâtir une zone touristique de grande classe, à marche forcée.

Du coup, par endroits, bétonneuses et pelleteuses tournent 24h/24, 7j/7, et toutes les précautions ne sont pas toujours prises pour protéger le littoral. Et dans la ville principale de Hainan, SanYa, comme dans les grandes métropoles chinoises, la pollution est un véritable problème.

Fort heureusement, là où les travaux ont déjà été achevés (c’est-à-dire sur une grande partie de l’île), plages et jardins sont magnifiques :

Vue des jardins du temple de NanShanSi sur l'île de Hainan
Vue des jardins du temple de NanShanSi sur l’île de Hainan
Escaliers dans les jardins du temple de NanShanSi sur l'île de Hainan
Escaliers dans les jardins du temple de NanShanSi sur l’île de Hainan

Si, çà et là, la protection de l’environnement laisse à désirer, d’un autre côté, les autorités font de gros efforts en matière de respect de l’environnement. En témoigne cette route intelligemment éclairée par une combinaison d’énergie solaire et aérienne :

Éclairage d'une route par l'association de l'énergie solaire et de l'éolien (SanYa, Hainan, Chine)
Éclairage d’une route par l’association de l’énergie solaire et de l’éolien (SanYa, Hainan, Chine)

Des tickets de rationnement chinois datés…1985

La capitale chinoise compte bon nombre de restaurants de très bonne qualité. L’abondance et la variété des plats donne le tournis au visiteur occidental (à moins que ce ne soit le vin chinois, 白酒, báijiǔ). Maniant l’art du paradoxe, l’un de ces établissements a choisi d’exposer dans une vitrine, parmi d’autres curiosités, ces anciens tickets de rationnement.

Tickets de rationnement - Chine 1985
Tickets de rationnement – Chine 1985

A partir des années 50, la Chine a mis en place le rationnement de certains biens. Comme l’explique Lin Siren, un retraité chinois qui a accumulé une impressionnante collection de ces tickets :

« Les produits de première nécessité étaient tous fournis en quantités limitées aux habitants, notamment les aliments, comme le glutamate de sodium, les oignons, le gingembre, etc. Même le linge, les parapluies ou le dentifrice étaient fournis selon cette règle. A Shanghai, on a ainsi émis des tickets pour le papier hygiénique ou les mouchoirs. »

Or, les tickets que j’ai pu voir exposés dans un restaurant datent de … 1985 ! Cette date, finalement assez récente, donne une illustration frappante du chemin parcouru par l’économie chinoise en moins d’un demi-siècle.

Pour aller plus loin : voir d’autres photos de tickets de rationnement chinois

Voilée et libre

Femme voilée, hijab
Femme voilée. Source : (CC) HENG FU MING

Une jeune femme voilée, portant le hijab, voile couvrant uniquement la tête, est sortie d’une Autolib, à quelques pas de moi. D’un geste, elle a salué légèrement la personne qui la conduisait, avant de s’éloigner. Comme elle partait, j’ai pu lire le slogan d’Autolib, étalé sur les portières : « libre comme l’air ». Cette coïncidence m’a interpelé. En France, on a plutôt coutume de lire ou d’entendre que le voile est une prison pour les femmes. Des personnes bien intentionnées s’insurgent, poussent des cris d’orfraie, et leur indignation retombe aussi vite qu’elle s’est levée. Pour ma part, je considère qu’il faut garder de la mesure. Je n’ai pas de mal à imaginer qu’une femme puisse être libre dans sa tête, tout en étant voilée. Je ne parle pas des voiles intégraux, souvent noirs, qui transforment les femmes en ombres. Mais que le hijab, parfois très joli et féminin au demeurant, puisse être l’expression d’une liberté, je le conçois. Etre libre ne consiste pas à vivre sans foi ni loi : une telle vie est au contraire la certitude d’être aliéné aux circonstances du temps, aux modes, au capitalisme et à la société de consommations dévorants.
En regardant le fin tissu qui couvrait les cheveux de cette jeune femme dynamique et gaie, je me suis dit que oui, elle pouvait être voilée et libre comme l’air.