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Est-il raisonnable de faire confiance aux déclarations d’une entreprise pour protéger notre vie privée ?

Données personnelles et entreprises
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La question posée par Numerama à l’occasion de la sortie de l’iPhone 5s à lecteur d’empreinte digitale mérite qu’on s’y arrête.

Apple jure ses grands dieux que les données biométriques restent stockées dans le téléphone et ne sont jamais communiquées vers l’extérieur.

Certes, mais pour les consommateurs, la technologie du téléphone mobile reste une boîte noire : comment savoir ce qui s’y passe réellement ?

Quant à la crédibilité des géants américains du high-tech (Apple, Microsoft, Google, Facebook), le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle en a pris un coup depuis l’affaire Prism.

  • Alors, quand une société de location de bureaux me demande mon empreinte pour que je puisse accéder au bureau 24/24, en m’assurant que ces données ne sont communiquées à personne, je décline la proposition.
  • Quand Twitter me propose de partager mon carnet d’adresses pour qu’ils regardent si j’ai des amis Twittos, en me promettant qu’ils jettent juste un coup d’oeil puis qu’ils oublient tout, je me méfie.
  • Quand Apple me dit que mes données biométriques resteront stockées dans le téléphone, désolé, je n’ai pas confiance.

Autrement dit, je suis d’accord avec Johannes Caspar, patron de la CNIL allemande, cité par Numerama : « Fournir une spécificité biométrique non-modifiable pour aucune autre raison que parce qu’elle apporte ‘un peu de confort’ dans l’utilisation quotidienne, est et de stupide« 

Google Glass : vous voyez ce que je vois ?

Google GlassAujourd’hui, les services secrets nous écoutent, la chose est entendue. Mais cela reste encore limité aux conversations électroniques. Bon, d’accord, ils peuvent aussi accéder facilement à notre courrier postal. Mais grâce à la merveilleuse invention des lunettes à réalité augmentée, c’est notre vie privée qui risque d’être encore diminuée. Demain, très facilement, les services secrets pourront voir ce que vous voyez. Et toujours avoir un oeil sur vous.

 

Spam au commentaire par copier-coller

SpamCe matin, je découvre une nouvelle forme de spam au commentaire. Le spammeur repère des billets traitant de certains sujets grâce à leur contenu et mots clés (tags), et colle en commentaire un post trouvé ailleurs sur le net (par exemple sur un forum) en lien avec le même sujet. Le commentaire est donc en rapport direct avec le billet. Seul indice qu’il s’agit d’un spam : l’URL indiquée en lien sur le nom du commentateur renvoie vers un site e-commerce, et non vers le site d’une personne.

Cela m’est arrivé pour mon billet Nounou branchée ou à côté de la plaque ? J’ai reçu un commentaire qui n’était qu’un copier-coller d’un post sur le forum d’aufeminin.com datant de… 2004 !

Les spammeurs ont beaucoup de créativité ! J’avoue que je suis admiratif devant cette technique ingénieuse.

Balayer devant sa porte

Alors que la France n’entrevoit pas de solution à la grave crise économique qu’il traverse, le parti majoritaire choisit de sonner la charge contre l’Allemagne.

Mais avant de chercher des poux à notre premier partenaire économique, il vaudrait mieux s’interroger sur les raisons du déclin français.

Certes, il est plus facile de critiquer son voisin que de chercher à s’amender soi-même. Mais les Français ne sont pas dupes : à peine 1 sur 10 estime que la politique économique actuelle est de nature à résoudre nos problèmes.

Alors, à quand un vrai changement ?

Bien nourrir les maîtres

Hier soir, j’ai téléchargé un film sur une plate-forme légale : 5 euros la location d’un long métrage de 90 minutes. Tout s’est fait automatiquement : la navigation dans le catalogue de films, l’achat (la plate-forme a stocké mon numéro de CB dans sa base), le téléchargement sur la tablette…

Sur ces 5 euros, je sais que la plate-forme va encaisser 30%. 1 euros 67 pour un processus sans la moindre intervention humaine.

Pas étonnant qu’Apple (puisqu’il faut bien appeler un chat un chat) soit aujourd’hui la première capitalisation boursière au monde. Ils ont su exploiter un modèle économique hors pair.

Moi, je vais pouvoir consommer mon divertissement en conserve (qu’est-ce d’autre qu’un film ?) et m’endormir repus de cette alimentation culturelle consommée par des millions d’autres que moi. Nous ne mangeons pas encore tous du même boeuf cloné à l’infini mais les biens culturels numériques, eux, permettent ce miracle.

Quant à Apple, 1,67 euros supplémentaires viennent de tomber dans son escarcelle sans, pour ainsi dire, que mes congénères humains n’en tirent, eux, le moindre profit. Encore une fois, tout s’est fait par le truchement de machines.

Les machines, c’est bien plus pratique que les êtres humains, pour s’enrichir. En effet, un salarié travaille quoi, 7 à 8 heures par jour, soit à peine le tiers de sa journée. Et encore, pas tous les jours : à peine 5 jours sur 7. Sans compter les vacances, congés maladie, et j’en passe. Au final, si un salarié travaille pour son employeur un dixième de son temps dans l’année, c’est déjà beau. Le problème, c’est que le système économique doit subvenir à 100% de son temps de vie.

Une machine, au contraire, ça fonctionne 100% de son temps de vie. Et c’est bien moins gourmand qu’un être humain, bien moins exigeant aussi en termes de variété de menu (électricité à tous les repas), bien moins revendicatif, en fait.

Ah, s’il était possible de se passer complètement des êtres humains pour produire les biens et rendre les services ! Comme les multinationales à la cool comme Apple seraient contentes. Car n’oublions pas qu’Apple, c’est cool.

Oui mais, il y a un petit souci : si cela arrivait, à quoi servirait finalement les 99% de la population mondiale qui aujourd’hui sont encore nécessaires à la vie économique ? Que se passera t-il quand les maîtres du monde économique pourront être servis complètement par des robots ?

Les maîtres s’emploient bien à y parvenir. Les ingénieurs R&D (engeance encore malheureusement nécessaire, faute d’IA digne de ce nom) sont sur le pied de guerre. En attendant, continuons, nous, consommateurs béats et endormis, à bien nourrir les maîtres. Dans leur bonté, ils continuent à nous jeter notre pitance : mon téléchargement est terminé.

Google, Facebook, Twitter : sale temps pour la vie privée