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Le renouveau de l’enseignement des affaires à HEC

Deux informations concordent ce matin et font écho à mon billet d’hier. La première, c’est l’annonce par HEC de la création d’une Chaire « Entreprise et pauvreté » ou « Social business » en anglais. Ci-dessous un extrait du communiqué de presse :

« A l’issue d’un entretien entre le Président de la République Nicolas Sarkozy et le Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, ce lundi, en présence de Bernard Ramanantsoa, Directeur Général d’HEC Paris, l’école annonce la création d’une Chaire « Entreprise et pauvreté » . Cette chaire d’enseignement consistera en un programme de formation complémentaire de 2 mois, proposé en fin de parcours à tout étudiant d’HEC, ainsi qu’à des étudiants d’autres écoles de commerce, étudiants ingénieurs ou d’universités.
L’objectif est de former ces étudiants à des approches innovantes d’entreprises, petites et grandes, qui contribuent à réduire la pauvreté dans les pays pauvres et émergents d’une part ; dans les pays développés et en particulier en France d’autre part. (…)
Dans le cadre de la chaire, il est prévu un ‘séminaire de concertation’ qui sera organisé conjointement par le Haut Commissaire aux Solidarités Actives contre la pauvreté et HEC, sur le campus d’HEC, à l’automne 2008. Cette conférence aura pour objectif de réunir des dirigeants d’entreprises françaises, pour les aider à réfléchir à leur contribution possible en matière de lutte contre la pauvreté. »

L’autre information concerne l’Observatoire du Management Alternatif lancé par HEC pour explorer les apports d’autres manières de faire du management, notamment le développement durable.

Ces deux initiatives sont encourageantes. Elles illustrent le renouveau de l’enseignement de la gestion dans les Grandes Ecoles.

Un drôle de mouvement : Freeze !

Eloge de la lenteurVous avez sûrement vu les images de la gare Grand Central à New-York ou des centaines de participants se sont immobilisés, à l’initiative du groupe de happenings Improv Everywhere. Des phénomènes similaires ont eu lieu ailleurs, notamment à Berlin. Une « freeze party » est en cours d’organisation également en France.

Pour ma part, j’ai beaucoup aimé les images de Grand Central. Selon moi, il s’agissait d’une expression artistique pure, qui n’était pas sans rappeler un épisode de la Quatrième Dimension.

Mais maintenant que ces manifestations se multiplient, je suis perplexe. Elles prennent un tour protestataire contre la rapidité du monde. Le problème, c’est que l’immobilisme n’est pas non plus une solution. Pourquoi ne pas organiser une manifestation dans laquelle tout le monde se déplacerait à vitesse ultra-lente ?

C’est vrai que c’est important de se poser de temps en temps pour réfléchir. Mais la pensée a besoin du mouvement, fût-il lent. Je peux comprendre qu’on fasse l’éloge de la lenteur, mais pas celui de l’immobilité.



Le campus de la solidarité 2008

Campus de la solidarité à HECLa 3ème édition du Campus de la Solidarité se tiendra le 15 mars 2008 sur le campus d’HEC à Jouy-en-Josas. Fruit du travail de plus de 40 étudiants, il constitue un de ces moments privilégiés d’échange entre les étudiants et les diplômés, autour d’une valeur forte : la solidarité. Avant tout, le Campus de la Solidarité, dont les bénéfices sont intégralement reversés aux associations humanitaires, se définit donc comme une soirée conviviale et tournée vers l’avenir.

Au programme :

  • En ouverture une conférence sur la problématique de l’accès à l’eau potable avec l’ancien directeur du FMI et directeur de la Banque de France Michel Camdessus, Tristan Leconte et Veolia.
  • Un apéritif pour pouvoir rencontrer les étudiants et échanger avec eux.
  • Solidarité et convivialitéUn dîner-spectacle grandiose, de la nourriture et des vins de qualité au service de l’hommage vibrant rendu par les associations artistiques (musique, théâtre, improvisation…) du campus aux associations humanitaires. A chaque table un mélange étudiants/diplômés afin que les premiers puissent vous présenter leurs actions au sein des associations.

Défilé de mode équitableUn défilé de mode équitable conclura la soirée en beauté.

Pour s’inscrire : inscription en ligne

Pour en savoir plus :www.campusdelasolidarite.com

Un enfant de 10 ans n’est pas un véhicule de mémoire

Le 13 février, Nicolas Sarkozy est intervenu au dîner annuel du Crif. Il a proposé que chaque élève de CM2 se voit confier, à partir de la rentrée scolaire 2008, la mémoire de l’un des 11.000 enfants juifs français victimes des camps nazis. Les élèves de CM2 feront « une petite enquête sur la famille, le milieu, les circonstances dans lesquelles l’enfant a disparu », a précisé, le lendemain, le ministre de l’Education, Xavier Darcos.

Le vendredi, Simone Veil a qualifié cette proposition d’ « inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout, injuste » et je souscris complètement à son analyse. Dans l’Express, elle explique : « On ne peut pas infliger ça à des petits de 10 ans, on ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort, cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. »

Le même jour, à Périgueux, Nicolas Sarkozy a balayé ces objections : « Croyez-moi, on ne traumatise pas les enfants en leur faisant cadeau de la mémoire de ce pays. »

En l’occurence, je lis plutôt dans cette proposition l’imposition du fardeau de la mémoire d’un enfant mort à un enfant d’aujourd’hui qui n’y peut mais. Et cela peut être traumatisant.

Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait été l’invité de l’émission d’ M6, « Cinq ans avec ». A la question (étrange au demeurant) qui lui avait été posée de savoir s’il avait déjà consulté un psy, il avait répondu posément que non, et que par ailleurs il n’avait jamais consulté d’astrologue non plus, ironisant sans doute sur l’attitude de feu le Président Mitterrand.

La mise sur le même plan de la psychologie et de l’astrologie est révélatrice d’un certain mépris. Je suis pourtant convaincu que si le Président Sarkozy était plus au fait de la psychologie, il n’aurait pas fait sa proposition.