Archives pour la catégorie enfance

Exposition Hergé au Grand Palais

Je n’ai jamais été « tintinophile ». Quand j’étais enfant, ce sont plutôt les histoires de Disney qui m’ont fait rêver. Pourtant, j’ai eu beaucoup de plaisir à visiter l’exposition Hergé qui se tient au Grand Palais jusqu’au 15 janvier 2017.

 

Tintin et Milou - Supplément du journal Le Soir 1940On y découvre l’œuvre d’Hergé dans son contexte historique à travers des planches originales, publiées dans des journaux de l’époque. On y comprend aussi comment il travaillait, de la documentation au travail d’équipe à l’atelier Hergé, en passant par la créativité pure de l’artiste. Car c’est là l’autre mérite de l’expo : on y découvre qu’Hergé n’était pas seulement un dessinateur de bande dessinée, mais également un peintre accompli.

L’exposition est vraiment à découvrir : les petits et les grands y trouveront leur compte, notamment grâce à une mise en valeur des œuvres ludique permettant à chacun de prendre la pose de manière amusante.

Couvertures albums Tintin

Les bons principes du socle commun de connaissances, de compétences et de culture

Le Ministère de l’Education Nationale fait un gros effort de communication et d’explication sur la réforme du collège et des programmes. Cela est fort utile et louable, dans un contexte où l’école est bien souvent instrumentalisée à des fins politiques. Diversions, contre-vérités et polémiques stériles obscurcissent trop fréquemment le débat.

A ce titre, l’infographie présentant le « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » et les vidéos associées sont très bien faites.

Le socle commun de connaissances, de compétences et de cultures

La structuration des domaines et leur contenu sont bien pensés :

  • les langages pour penser et communiquer
  • les méthodes et outils pour apprendre
  • la formation de la personne et du citoyen
  • les systèmes naturels et les systèmes techniques
  • les représentations du monde et l’activité humaine

Concernant les langages, on se réjouira de l’introduction des langages informatiques. Dans les années qui viennent, la frontière entre l’homme et la machine va devenir de plus en plus floue, et il est bon de comprendre comment une machine fonctionne pour ne pas les confondre. Un homme et une machine sont différents. Cela paraît évident aujourd’hui. Mais cela le sera peut-être moins demain. Réjouissons-nous que le gouvernement actuel pose pour une fois les bases d’une bonne compréhension de l’altérité.

Juste une interrogation sur la place de l’apprentissage des langues régionales. Pour ma part, je pense que l’on ne saurait pas mettre sur le même plan la langue française, les langues des autres nations, et les langues régionales. Celles-ci font partie du patrimoine culturel de la France et devraient être, à mon sens, abordées en tant que telles, et non comme véhicules de communication ayant la même force que le français.

Une autre remarque sur « les représentations du monde et l’activité humaine ». Dans la vidéo de présentation, Michel Lussault met l’accent sur l’aspect culturel et artistique. C’est important, mais je m’interroge sur la conception sous-jacente de l’enseignement de l’Histoire. Celle-ci a une dimension politique éminente. Elle est agie par des rapports de force, des rivalités, des coopérations aussi. Il me paraît essentiel que cette dimension soit bien mise en évidence.

Enfin, le bloc qui me paraît le plus ardu à l’heure actuelle est celui sur « la formation de la personne et du citoyen ». Gare à l’angélisme en la matière ! Je doute que les valeurs de la République soient universellement acceptée dans toutes les familles. Dans mon entourage proche, des Français mettent leur appartenance à la France au second plan par rapport à leurs convictions religieuses, ne croient pas en la démocratie comme un mode d’organisation réellement efficace, et affichent ces convictions. Ne partons donc surtout pas du principe que les conceptions républicaines classiques sont des acquis pour tous.

 

Pourquoi 55+5 = 60 ?

Desk lamp and book

Aujourd’hui, mon fils m’a posé cette question : « Qui a décidé que 55 + 5 = 60 ? Qui a inventé + et = ? »

Très bonnes questions, n’est-ce pas ?

Quelle joie que d’assister aux premiers questionnements philosophiques de son enfant !

Vous vous demanderez peut-être ce que j’ai répondu. Je lui ai répondu que personne ne l’avait « inventé ». Que c’était comme ça dans la vie, dans la réalité. Et que plus tard il apprendrait à « démontrer » le pourquoi des choses, ou l’impossibilité du contraire (démonstration par l’absurde).

Ceci dit, qu’est-ce que c’est que ce 55 ? Ce 5 ? Dans l’univers, il y a de la matière. Mais on n’observe pas de 55 ou de 5. On peut donc légitimement se demander si ce sont des inventions humaines. A moins qu’il ne s’agisse d’idées, tout aussi réelles que les atomes, dans une conception platonicienne ?

Qu’en pensez-vous ?

L’amour, c’est pas si bête !

L'amour, c'est pas si bête
L’amour, c’est pas si bête

Si vous en doutiez encore, vous devez absolument visiter l’exposition qui se tient au Jardin des Sciences de Dijon jusqu’au 4 janvier 2015. Vous y apprendrez des foules de choses sur la reproduction sexuée et asexuée dans la nature, sur le rôle de la séduction chez de nombreuses espèces, et pourrez vous demander si l’amour est le propre de l’homme. L’exposition est à la fois très riche sur le plan scientifique, remarquablement conçue d’un point de vue graphique et très pédagogique. Les petits et les grands y découvrent mille choses, tout en s’amusant. Qui plus est, l’entrée est gratuite. Alors, pourquoi ne pas laisser à votre tour un petit mot sur l’Arbre à message d’amours qui clôture l’exposition ?

L'arbre à messages d'amour (Dijon)
L’arbre à messages d’amour (Dijon)

Pour en savoir plus : dossier de presse de l’exposition

Jouez, jeunesse !

Muriel Mayette-Holtz, Administratrice de la Comédie Française
Muriel Mayette-Holtz

Extrait de la brochure 2014-2015 de la Comédie Française :

« Dans le débarras de nos adultes songes, une place, toujours, est faite à la jeunesse.  Avec douceur, avec tendresse, elle scintille en notre âme et conscience sur ces hôtes étagères que sont les responsabilités, la transmission, l’avenir ou encore le partage. Cependant, lorsqu’il nous est donné de la faire émerger à la lumière du réel, son éclairage
juvénile en nous se crispe irrémédiablement de colorations
inquiètes et de perspectives encombrées. »

Muriel Mayette-Holtz
Administratrice générale
de la Comédie-Française

Et si c’était ça, le grand défi de l’âge adulte ? Conserver la fraîcheur du regard, la clarté de l’esprit, la joie de vivre évidente, en sachant ce que l’on sait, en faisant ce que l’on doit ?

L’enfant et la rivière

L'enfant et la rivière d'Henri Bosco
L’enfant et la rivière

Un déménagement est l’occasion de retrouver des trésors oubliés. C’est ce qui vient de m’arriver à l’occasion de mon emménagement à Rueil. J’ai redécouvert un livre lu il y a plus de 25 ans, quand j’étais en 6ème : l’enfant et la rivière, d’Henri Bosco.

J’en avais gardé un souvenir mitigé : un vocabulaire des bêtes et des plantes de la campagne difficile à comprendre pour le petit urbain que j’étais, une certaine lenteur, des descriptions…Toutes choses en rendant l’appréhension difficile. D’une certaine façon, le livre me paraissait ennuyeux. Et pourtant… J’avais gardé aussi l’impression diffuse d’une poésie, d’une chaleur, qui fait que dans cet ennui j’avais rencontré du plaisir.

Vingt-cinq ans après, à la relecture, l’ennui a disparu. Je suis sans doute plus patient. Je redécouvre la poésie et la candeur, avec d’autant plus de plaisir que de l’eau a passé sous les ponts, c’est le cas de le dire. J’ai vu, j’ai senti, j’ai pensé, des choses bien moins candides en l’espace d’un quart de siècle. Et maintenant, en ce 21ème siècle hyper technologique, ultra citadin, cela fait du bien de retrouver une écriture qui prend son temps, qui donne toute sa place à la nature, aux relations humaines simples.

Je n’ai pas relu l’enfant et la rivière, j’ai redécouvert une réalité de moi-même que j’avais oubliée. Et cela fait du bien.