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Soeur Cristina : la subversion de la subversion

Soeur Cristina
Soeur Cristina

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Soeur Cristina, il s’agit d’une nonne de la congrégation des Soeurs ursulines qui a remporté cette année la version italienne du concours télévisé The Voice.

Dans son album éponyme, elle chante des tubes de la pop comme True Colors de Cyndi Lauper, Try de Pink, ou encore… Like a virgin.

Lorsqu’une chanteuse nommée Madonna a sorti Like a virgin, en 1984, c’était de la provocation.  L’artiste jouait bien sûr sur le champ sémantique catholique : la Vierge, la Madonne. C’était une forme de subversion parce que les paroles avaient une portée sexuelle : « like a virgin touched for the very first time« . Quel toupet !

Au fil des années, Madonna est devenu une chanteuse sexy, provocante, qui n’aurait pas hésité, par exemple, à lancer dans l’assistance sa petite culotte lors d’un concert organisé à l’Hôtel de ville de Paris à l’initiative de Jacques Chirac.

Et voilà qu’une religieuse, c’est-à-dire l’antithèse de la bombe sexuelle, se permet de reprendre le tube de la blonde Madonna. Quel culot !

A une époque où l’on se demande si les valeurs ne se sont pas inversées par rapport à la tradition chrétienne de nombre de pays d’Europe, la boucle est bouclée. Une femme ayant décidé de consacrer sa vie au Christ subvertit les symboles de la civilisation commerciale dans laquelle nous sommes plongés. C’est donc une subversion de la subversion : chapeau, l’artiste !

Jouez, jeunesse !

Muriel Mayette-Holtz, Administratrice de la Comédie Française
Muriel Mayette-Holtz

Extrait de la brochure 2014-2015 de la Comédie Française :

« Dans le débarras de nos adultes songes, une place, toujours, est faite à la jeunesse.  Avec douceur, avec tendresse, elle scintille en notre âme et conscience sur ces hôtes étagères que sont les responsabilités, la transmission, l’avenir ou encore le partage. Cependant, lorsqu’il nous est donné de la faire émerger à la lumière du réel, son éclairage
juvénile en nous se crispe irrémédiablement de colorations
inquiètes et de perspectives encombrées. »

Muriel Mayette-Holtz
Administratrice générale
de la Comédie-Française

Et si c’était ça, le grand défi de l’âge adulte ? Conserver la fraîcheur du regard, la clarté de l’esprit, la joie de vivre évidente, en sachant ce que l’on sait, en faisant ce que l’on doit ?

Du socialisme au sociétisme

Lu dans le Point daté du 30 janvier 2014, cette prise de recul du psychanalyste Michel Schneider :

« Dernière lubie d’un socialisme devenu sociétisme par sa volonté de révolutionnner les rapports de vie privée faute de réformer la chose publique, la suppression dans les Codes de l’expression bon père de famille« . Pensez ! une triple horreur, le bon qui ne serait pas le monopole des femmes, les pères, ces antiques despotes, et la famille, un archaïsme qu’il faut déconstruire. »

Ou quand un pouvoir politique est impuissant à gouverner, il entend régenter le domicile.

Des raisons de la vacuité politique et médiatique en France

Depuis quelques semaines, les médias nous abreuvent en continu de Dieudonné et autres quenelles. Le personnel politique se délecte lui aussi de ce sujet : faut-il interdire les spectacles de cet individu ? Quelle que soit l’opinion que l’on a sur cette question, on est en droit de se demander s’il n’y a pas d’autres sujets plus importants pour les Français. Où est le grand dessein que nos dirigeants nous proposent ? A quel élan d’enthousiasme nous invitent-ils ? Comment se retroussent-ils concrètement les manches pour faire réussir la France ?

L’inanité politique et médiatique n’est pas un phénomène nouveau. Mais on le ressent plus profondément quand on s’éloigne quelque temps de notre pays, comme cela a été mon cas en fin d’année dernière. Comment l’expliquer ?

Une raison que j’avancerais est l’impuissance réelle ou supposée de nos dirigeants à régler les vraies problèmes. Lorsque l’on n’a pas d’idée pour relancer la croissance, diminuer le chômage, favoriser l’intégration et l’unité nationale, faire peser la France sur la scène internationale, que faire de son énergie ? La solution de facilité est de la gaspiller sur des sujets secondaires : les « affaires » (affaire Léonarda, affaire Dieudonné).

Les chaînes d’information continue se repaissent de ses sujets qui leur permettent de remplir leur temps d’antenne : des « experts » décortiquent à longueur de journée les « réactions » et les « commentaires », à renfort de tweets et autres petites phrases.

Tout cela n’est que du divertissement. On divertit les Français des vrais enjeux, c’est-à-dire qu’on les fait regarder ailleurs ; et les responsables politiques et médiatiques se divertissent, au sens où ils se détournent de leurs vraies missions. Ce faisant, ils s’illusionnent eux-mêmes. Les politiques croient gouverner, proposer ou s’opposer, alors qu’ils ne font que bavarder ; les journalistes croient informer, alors qu’ils ne font que meubler.

Tout cela se fait dans un climat de haine, rancœur et agressivité.

Et si l’origine de ce phénomène était à chercher dans la frustration inavouée de nos élites ? Elles croyaient avoir le pouvoir, mais elles se découvrent enchaînées. A force de renoncement, elle se trouvent prisonnières de décisions technocratiques prises à Bruxelles en dehors du circuit démocratique, et aux caprices des marchés financiers.

Au lieu de perdre leur temps et de gaspiller le nôtre dans des surenchères stériles sur des sujets qui n’en valent pas la peine, ne feraient-elles pas mieux de secouer leurs chaînes ?

Et si on arrêtait de gaspiller l’énergie… sur Internet ?

 

Atomic gas
Atomic gas Creative commons : Dr.monster

Xavier de La Porte signe sur Rue 89 un papier intitulé « Décroissance : commençons par ne pas faire de recherche Google inutile ». Je ne suis pas un adepte de la décroissance : je ne crois pas que l’on doive se résoudre à vivre moins bien, à être moins riche, pour que la Terre dans son ensemble se porte mieux. Mais l’article donne une série de bons conseils (de bon sens) pour réduire la consommation énergétique inutile liée à Internet :

« changer nos usages : ne pas envoyer d’e-mails inutiles (c’est-à-dire parler à son voisin de bureau, ne pas mettre dix personnes en copies de nos mails ou forwarder à un tout un groupe une vidéo super lourde), ne pas passer par Google pour aller sur un site, mais taper directement l’adresse ou l’avoir inscrit dans les favoris, télécharger plutôt que regarder en streaming »

Et que d’énergie gaspillée, à l’échelle du monde, à tripoter nerveusement son portable dans le métro, dans la salle d’attente, à liker ou retweeter une « information » finalement sans importance. Eh oui, la cyberdépendance a un coût énergétique.

Et si nous utilisions mieux les possibilités infinies que nous donne l’Internet et l’Internet mobile en particulier ? Pour augmenter notre maîtrise sur nous-mêmes et sur notre environnement, plutôt que d’être esclave de la technologie.

Pote-emploi, le site qui veut donner du réseau à ceux qui n’en ont pas.

Pote-emploi
Pote-emploi

Un site sera lancé prochainement pour permettre à des jeunes désireux de se lancer sur le marché du travail, mais dénué de réseau personnel, de se connecter avec des volontaires mieux introduits, notamment parmi les étudiants et diplômés de grandes écoles. Ce site, c’est Pote-emploi.
Une bonne initiative qui favorisera la mixité sociale et dont tout le monde profitera. Car en créant des connexions inattendues, c’est l’ensemble du cerveau collectif du corps social qui progresse.

Est-il raisonnable de faire confiance aux déclarations d’une entreprise pour protéger notre vie privée ?

Données personnelles et entreprises
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La question posée par Numerama à l’occasion de la sortie de l’iPhone 5s à lecteur d’empreinte digitale mérite qu’on s’y arrête.

Apple jure ses grands dieux que les données biométriques restent stockées dans le téléphone et ne sont jamais communiquées vers l’extérieur.

Certes, mais pour les consommateurs, la technologie du téléphone mobile reste une boîte noire : comment savoir ce qui s’y passe réellement ?

Quant à la crédibilité des géants américains du high-tech (Apple, Microsoft, Google, Facebook), le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle en a pris un coup depuis l’affaire Prism.

  • Alors, quand une société de location de bureaux me demande mon empreinte pour que je puisse accéder au bureau 24/24, en m’assurant que ces données ne sont communiquées à personne, je décline la proposition.
  • Quand Twitter me propose de partager mon carnet d’adresses pour qu’ils regardent si j’ai des amis Twittos, en me promettant qu’ils jettent juste un coup d’oeil puis qu’ils oublient tout, je me méfie.
  • Quand Apple me dit que mes données biométriques resteront stockées dans le téléphone, désolé, je n’ai pas confiance.

Autrement dit, je suis d’accord avec Johannes Caspar, patron de la CNIL allemande, cité par Numerama : « Fournir une spécificité biométrique non-modifiable pour aucune autre raison que parce qu’elle apporte ‘un peu de confort’ dans l’utilisation quotidienne, est et de stupide«