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L’enfant et la rivière

L'enfant et la rivière d'Henri Bosco
L’enfant et la rivière

Un déménagement est l’occasion de retrouver des trésors oubliés. C’est ce qui vient de m’arriver à l’occasion de mon emménagement à Rueil. J’ai redécouvert un livre lu il y a plus de 25 ans, quand j’étais en 6ème : l’enfant et la rivière, d’Henri Bosco.

J’en avais gardé un souvenir mitigé : un vocabulaire des bêtes et des plantes de la campagne difficile à comprendre pour le petit urbain que j’étais, une certaine lenteur, des descriptions…Toutes choses en rendant l’appréhension difficile. D’une certaine façon, le livre me paraissait ennuyeux. Et pourtant… J’avais gardé aussi l’impression diffuse d’une poésie, d’une chaleur, qui fait que dans cet ennui j’avais rencontré du plaisir.

Vingt-cinq ans après, à la relecture, l’ennui a disparu. Je suis sans doute plus patient. Je redécouvre la poésie et la candeur, avec d’autant plus de plaisir que de l’eau a passé sous les ponts, c’est le cas de le dire. J’ai vu, j’ai senti, j’ai pensé, des choses bien moins candides en l’espace d’un quart de siècle. Et maintenant, en ce 21ème siècle hyper technologique, ultra citadin, cela fait du bien de retrouver une écriture qui prend son temps, qui donne toute sa place à la nature, aux relations humaines simples.

Je n’ai pas relu l’enfant et la rivière, j’ai redécouvert une réalité de moi-même que j’avais oubliée. Et cela fait du bien.

Faut-il tout mélanger dans la vie ?

 

Boule à facettes
Creative Commons CC BY-NC-ND 2.0 par Just Marti

La question peut paraître étrange. Une tête bien faite n’est-elle pas capable de différencier les choses, de bien les ranger, pour extraire du sens de la complexité de la vie ?

 

L’apologie du mélange des genres, on la trouve dans la bouche d’Armand, (anti) héros du dernier film de Bruno Podalydès, Adieu Berthe : l’enterrement de Mémé : un homme perdu entre deux femmes, renouant avec son passé à l’occasion du décès d’une grand-mère si longtemps ignorée.

Pour tenter de répondre à la question paradoxale que nous nous posons, commençons au préalable par relâcher la bride. Méfions-nous des « il faut » et autres « on doit ». Préférons-leur un plus avenant « et si ? »

Oui, et si on assumait de tout mélanger, dans la vie : vie personnelle et vie professionnelle, vie professionnelle et vie amoureuse, vie amoureuse et intérêts financiers, intérêts financiers et éthique ? Que se passerait-il ?

Le mérite de cette question, c’est qu’elle ouvre un espace de liberté. Elle libère de l’obligation de la compartimentation.

Oui, on peut s’épanouir personnellement dans son travail ; on peut être partenaires dans la vie et au travail ; on peut investir ensemble quand on est en couple ; on peut vouloir être riche sans être prêt à tout pour cela.

Mais si l’on mélange toutes les couleurs sur un tableau, il en résulte un immonde kaki, un noirâtre sordide. Au contraire, poser des taches de couleurs sur la toile, en les laissant se côtoyer, se frôler, s’interpénétrer respectueusement, peut donner naissance à la plus jolie composition. Surtout avec du recul.

Tout mélanger, dans la vie, ne donnera sans doute pas un bon résultat. Mais regarder la vie comme la boule à facettes scintillantes de la fête peut donner de la joie et de l’éclat à l’existence.