Archives pour la catégorie po-si-tif !

Publicité : retour gagnant

Deux campagnes publicitaires déclinent actuellement le même thème : celui du retour. C’est le cas tout d’abord de Carrefour, qui a renouvelé son slogan. Les trentenaires et au-delà se souviennent certainement du refrain « avec Carrefour je positive » des années 80. Eh bien 20 ans après, Carrefour nous annonce que « le positif est de retour ».

carrefour

Mais Carrefour n’est pas le seul à faire son grand retour. Le plaisir revient lui aussi, dixit Suchard :

suchard

Quelque chose de bon aurait-il disparu de nos vies pour que les marques surfent sur le besoin de le retrouver ? Doit-on s’attendrir devant la nostalgie sous-jacente à la campagne Carrefour, se réjouir du retour d’un paradis perdu ou se dire que ces campagnes s’adressent à une cible … sur le retour ?

Sur le même sujet :

Rocher Suchard ou le retour de la disruption

Nouveau slogan Carrefour : le positif est de retour

et un autre exemple de deux campagnes simultanées empruntant des approches communes :

Quand Google copie Europe 1 pour sa pub

Des solutions techniques aux questions humaines ?

Le technophile que je suis est toujours frappé de constater la tentation qu’il y a de chercher des solutions techniques aux questions humaines.

Trop de temps d’attente dans les centres d’appels ? Qu’à cela ne tienne, développons les SVI, Serveurs Vocaux Interactifs, robots butés qui vous demandent de composer des combinaisons de touches avant de vous délivrer des informations au compte-gouttes.

Trop de grèves dans le métro ? Automatisons les lignes, comme la RATP est en train de le faire sur la ligne 1 à Paris.

Difficultés à rencontrer l’âme soeur ? Inventons la DAO, Drague Assistée par Ordinateur, dans les salons de chat et autres sites de rencontre.

C’est plus long et difficile d’apporter des réponses humaines aux questions humaines. On pourrait imaginer :

  • de réinventer une relation client avec des gens au bout du fil ou (soyons fous) des vendeurs dans des boutiques
  • de mettre l’accent sur un dialogue social responsable, tant du côté des Directions que des syndicats
  • de réinventer les relations hommes – femmes, forts de la double expérience de la tradition et de la libération des moeurs
  • Qu’en pensez-vous ? Trop low-tech ?

    Génération Y ou comment on peut très bien être sociable et fan de World of Warcraft

    World of WarcraftQuand on est au milieu de la trentaine avec dix ans d’expérience professionnelle derrière soi, on n’est pas forcément encore un vieux con, mais on n’est plus non plus un jeunot. L’avantage de cette position équilibrée, c’est que l’on peut regarder ses aînés en se disant que, non, décidément, on ne sera jamais comme eux, et se pencher avec condescendance un regard plein de tendresse vers les stagiaires ou les jeunes embauchés.

    En ce qui me concerne, j’ai eu la semaine dernière une conversation passionnante avec un collègue de 23 ans qui m’a appris une foule de choses sur World of Warcraft. Il m’a expliqué comment on pouvait y jouer en mode RP (role play) et l’étiquette que cela imposait : pas d’allusion au monde réel du joueur, immersion totale dans l’ambiance, façon de s’exprimer médiévale, etc.

    Il m’a expliqué que lorque l’on joue à ce genre de jeu, on a une deuxième vie : on est quasi obligé de jouer tous les jours, sauf à perdre complètement le fil. Il a eu cette image édifiante : ne pas jouer tous les jours, c’est comme si dans la vie réelle, on ne vivait qu’un jour sur deux ; on ne comprendrait rien au monde. Pour un fan de Marcel Aymé tel que moi, cette phrase m’a immédiatement fait penser à la nouvelle « Le temps mort » où le pauvre Martin vit, justement, un jour sur deux.

    Il m’a confié également que, lorsqu’il était étudiant, il pouvait y jouer 5 à 6 heures par jour, le week-end.

    Pourquoi accrochait-il tant à cet univers ? Pour l’aspect communautaire. Il appréciait de retrouver sa « guilde ». C’est bien pour cela, selon lui, que les joueurs s’abonnent au service, bien plus que pour tuer des monstres.

    Or, ce collègue est l’un des plus sociables de la boîte. C.Q.F.D. : l’univers des mondes permanents n’est pas un repaire d’associaux ou de déséquilibrés. Il y en a sûrement, mais ils ne sont pas représentatifs du phénomène. Moi qui ne joue pas à ces jeux et ne les connaît, finalement, que par la presse, j’ai pu me rendre compte du fossé entre l’image d’Epinal véhiculée au sujet des gamers et le discours d’un gamer véritable qui existe et que j’ai rencontré.

    Jeux d’enfants : l’arme secrète

    Lors d’une promenade au parc avec mon fils, j’ai discuté avec un groupe d’enfants qui jouait là, avec un ballon. Je les ai questionné sur leur jeu, me demandant s’il s’agissait d’une nouvelle version de la balle au prisonnier. Comme j’ai quitté l’enfance depuis un moment déjà, et que d’un autre côté mon bébé sera bientôt un petit garçon qui jouera avec les autres, je suis curieux de savoir à quoi jouent les enfants d’aujourd’hui.

    Une petite fille de 7 ans, à vue de nez, a pris la parole, c’était manifestement le chef du groupe.

    « Nous jouons à l’arme secrète
    – En quoi consiste ce jeu ?
    – Il consiste à regarder les gens dans le parc et à essayer de deviner leur problème. Vous connaissez Secret Story ?
    – Oui.
    – Ben c’est la même chose. Tenez le Monsieur, là-bas, assis sur un banc. Il boude. Ben peut-être que son problème, c’est qu’il n’a pas d’enfant.
    – C’est intéressant, mais pour savoir qui a gagné, comment pouvez-vous être sûr d’avoir trouvé le véritable problème des gens ?
    – Ben, grâce à l’imagination, voyons. Nous avons quelque chose de vivant, là-haut dans le cerveau, il faut s’en servir. »

    Cette conversation m’a montré plusieurs choses. La télévision a un impact sur les jeux des enfants, ce n’est pas nouveau, mais Secret Story est-elle une émission à regarder par de petits enfants ? J’ai été étonné aussi de voir que ces enfants, en voyant des individus assis dans un parc, pouvaient avoir l’intuition que chacun a une histoire, même s’il n’en laisse rien paraître. Et ces « larmes secrètes » de chacun les intéresse.

    Mais au final, au-delà des armes et des larmes, le dernier mot revient à ce que nous avons là-haut, et dont nous devons apprendre à nous servir : l’imagination.