Archives pour la catégorie Politique

Et maintenant, la surveillance

Manuel Valls, ce matin, sur BFMTV : « il y a un esprit du 11 janvier », faisant le parallèle implicite avec le 11 septembre.

Manuel Valls, toujours : « nous devons tout faire pour assurer notre sécurité ».

Dans le même registre, Valérie Pécresse :

Plus que jamais, nous devons défendre notre vie privée ! N’oublions pas la phrase de Benjamin Franklin :

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

 

Qui est gaulliste ?

Le général de Gaulle
Le général de Gaulle

Certains hommes politiques se qualifient eux-mêmes de gaullistes, et inscrivent leur formation dans le gaullisme. C’est le cas, par exemple, de Nicolas Dupont Aignan et de son parti, Debout la République.  Quelle que puisse être la sincérité de Nicolas Dupont Aignan, je désapprouve, pour ma part, ce genre de revendication.

Le général de Gaulle est un personnage historique, dépassant de beaucoup tous nos politiciens actuels. Il a vécu à une certaine époque. Le monde était différent. Se dire « gaulliste » aujourd’hui me paraît présomptueux. Face aux enjeux du monde actuel, que dirait, que ferait un général de Gaulle ?

Je trouve aussi que qualifier son propre engagement, et par incidence, ses propositions, de gaullistes, tend par contrecoup à enfermer le Général dans un « concept » : le gaullisme. Pas sûr que le grand Charles apprécierait d’être affublé d’une étiquette, d’être ramené à une case sur l’échiquier politique. Autrement dit, se réclamer du gaullisme me paraît réaliser une réduction du Général à un simple précipité, comme on dit en chimie : un concept, une idéologie, un « -isme ».  Selon moi, le général de Gaulle lui-même n’était pas gaulliste, il transcendait les idéologies, les partis, avec une « certaine idée de la France ».

Enfin, un parti ouvertement gaulliste me paraît opérer une tentative de confiscation, de privatisation de la pensée du général de Gaulle. « Le gaullisme, c’est moi ». Non, le gaullisme, ce n’est personne. Cela n’existe pas. Ce qui existe, c’est un exemple, une inspiration, voire un modèle : le général de Gaulle.

A chaque époque, ses héros. Le monde d’aujourd’hui a besoin de nouveaux héros, singuliers, inédits, pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui, avec conviction et pragmatisme en même temps. C’est sûrement ce que le Général ferait, lui.

Mais pourquoi donc des policiers chinois à Paris ?

Mise à jour 16/08/2014 : finalement, le Ministère de l’Intérieur a abandonné le projet.

Des policiers chinois seront présents à Paris cet été pour « rassurer » les touristes de l’Empire du Milieu. Les policiers français ne seraient-ils donc pas suffisamment rassurants ? Il est vrai qu’ils n’avaient pas fait forte impression au moment du passage de la flamme olympique en 2008, en n’étant pas capable de contenir les manifestations de RSF. Mais le maintien de l’ordre n’est-il pas du ressort du ministère de l’Intérieur ? Avons-nous besoin maintenant de forces étrangères sur notre sol pour assurer l’ordre et l’autorité ? Alors que notre indépendance est déjà fortement atteinte par les transferts de souveraineté consentis à l’Union Européenne, ce fait est symptomatique de la déliquescence de l’autorité de l’Etat.

Fabius accueille des touristes chinois à l’aéroport… pour parler droits de l’Homme ou shopping ?

Mais il est vrai que nos plus hauts représentants au gouvernement estiment maintenant que leur rôle consiste à faire le VRP à  l’aéroport. Finalement, tout se tient, mais pendant ce temps la France se défait.

Du socialisme au sociétisme

Lu dans le Point daté du 30 janvier 2014, cette prise de recul du psychanalyste Michel Schneider :

« Dernière lubie d’un socialisme devenu sociétisme par sa volonté de révolutionnner les rapports de vie privée faute de réformer la chose publique, la suppression dans les Codes de l’expression bon père de famille« . Pensez ! une triple horreur, le bon qui ne serait pas le monopole des femmes, les pères, ces antiques despotes, et la famille, un archaïsme qu’il faut déconstruire. »

Ou quand un pouvoir politique est impuissant à gouverner, il entend régenter le domicile.

Le Pen au pouvoir : la menace d’un régime autoritaire (totalitaire ?)

Marine Le Pen
Marine Le Pen – Creative Commons : Marie-Lan Nguyen

Marine Le Pen a déclaré aux Universités d’été du Front National : « je retirerai au Parlement son pouvoir constituant, qui sera désormais l’apanage exclusif du peuple. »

Dans le même temps, Le Monde rappelle qu’une révision des institutions par le Front National mettrait le référendum au centre de tout.

Par quelle voie le « peuple » s’exprimerait-il pour réformer la Constitution ? Probablement par référendum, sur des propositions du Président (de la Présidente).

Et si Madame Le Pen proposait au peuple, au vu de circonstances présentées comme dramatiques, de suspendre la constitution ? Sans aller jusque là, que se passerait-il si, à coup de référendums, elle rognait progressivement les autres prérogatives du parlement, jusqu’à le priver de tout pouvoir réel ? L’article 16 de la Vème République, si souvent critiqué, semblerait de la gnognotte à côté d’un tel virage autoritaire.

Le plaidoyer de Max Gallo pour la renaissance de la nation

Max Gallo
Max Gallo

A lire dans le Figaro du jour (édition abonnés), la tribune de Max Gallo appelant de ses voeux une « renaissance de la nation ».

Morceau choisi :

« Certes nous affirmons encore que notre politique est inspirée des droits de l’homme et respectueuse de la Charte des Nations Unies, mais avons-nous les moyens de faire vivre notre civilisation ? Le voulons-nous, alors que nous nous soucions si peu du destin de notre langue, alors que nous sommes submergés par les puissances qui contrôlent les réseaux de communication et que chacun d’entre nous est suivi à la trace sur Internet ? Ainsi imposent-elles leurs civilisations. »