Codes QR : en Chine, un sésame qui ouvre toutes les portes…même les mauvaises

Wikipédia définit le code QR (de l’anglais Quick Response) comme un « code-barres constitué de modules noirs disposés dans un carré à fond blanc. L’agencement de ces points définit l’information que contient le code. »

Ce visuel peut être scanné par un appareil spécialement conçu à cet effet ou par un simple smartphone, qui vont décoder le message.

Par exemple, en scannant le code QR suivant, vous accéderez directement à mon profil Linkedin :

Code QR menant au profil Linkedin de Jérôme Delacroix
Code QR menant à mon profil Linkedin

 

 

 

 

 

 

 

Pour la petite histoire, c’est l’entreprise japonaise Denso-Wave qui a inventé le code QR en 1994. Elle consacre un site Web dédié à son invention, sur lequel vous pourrez tout savoir sur l’histoire et les usages du code QR.

S’il est un pays où le code QR est vraiment populaire, c’est bien la Chine. Les Chinois utilisent la technologie des codes QR des dizaines de fois chaque jour : pour ouvrir les portiques du métro, pour accéder aux locaux de leur entreprise, pour pénétrer dans une épicerie automatisée, pour payer au restaurant, etc. En matière de paiement mobile, justement, il est frappant de voir comment une technologie aussi simple que le code QR, ne nécessitant pas de puce spéciale dans le téléphone, a permis une explosion du phénomène en Chine, au point que l’on évoque une possible disparition de l’argent liquide dans le pays. A l’inverse, en France, le m-paiement reste confidentiel (à peine 10 millions de transactions en 2018) malgré les solutions sophistiquées mises en oeuvre, notamment celles à base de puces NFC (paiement sans contact).

Parmi les usages les plus répandus des codes QR en Chine, il y a le fait de pouvoir déverrouiller un vélo en libre-service, comme ceux proposés par les sociétés Mobike ou Didi, en scannant une étiquette collée sur le vélo. (Le système dit de « free-floating » a fait des émules dans le monde, comme en témoigne la multiplication des trottinettes électriques à Paris).

Vélo en libre-service muni d'une étiquette comportant un code QR
Vélo en libre-service muni d’une étiquette comportant un code QR

 

 

 

 

 

 

 

 

Malheureusement, des petits malins ont eu l’idée de détourner le système en recouvrant les étiquettes officielles par de fausses étiquettes comportant un code QR de leur confection. En scannant le code, l’utilisateur est renvoyé vers un faux site, ressemblant en tout point au site de la société de location. Il lui est alors demandé d’effectuer un paiement pour déverrouiller le vélo, par exemple en utilisant Wechat, Vous devinez la suite… Le paiement est bien effectué (vers le compte du fraudeur), mais le vélo reste désespérément bloqué.

Si des campagnes d’hameçonnage (phishing) utilisant les codes QR avaient déjà été repérées dans des e-mails, dès 2016, l’originalité ici est d’appliquer cette technique au paiement mobile sur des objets physiques.

Aujourd’hui, ce type de fraude est moins fréquent en Chine, car la supercherie a fini par être éventée. Mais ne doutons pas que les fraudeurs trouveront rapidement une autre idée…

J’ai fait mes courses dans une épicerie chinoise 100% automatisée

Après avoir révolutionné le commerce électronique en prenant d’emblée le virage du mobile (m-commerce), la Chine est en train de changer le visage du commerce de proximité.

C’est ce que j’ai pu vérifier lors de mon séjour récent à Pékin au travers du test d’une épicerie 100% automatisée de la chaîne Bingobox.

Une épicerie Bingobox
Une épicerie Bingobox

Dans cette épicerie, vous ne trouverez aucun vendeur. Tout se fait en libre-service.

La première étape consiste à télécharger l’application Bingobox sur son téléphone. Pour les étrangers, une version en anglais existe : vous n’aurez donc pas besoin de prendre des cours de chinois en accéléré !

1. Etape 1 ; installer l'application Bingobox sur son téléphone
Etape 1 ; installer l’application Bingobox sur son téléphone

Il convient ensuite de pénétrer dans la boutique. Pour cela, vous devez déverrouiller la porte en scannant le QR code affiché à l’entrée de la boutique, à l’aide de votre téléphone.

Étape 2 : déverrouiller la porte de l'épicerie en scannant le QR code avec son téléphone
Étape 2 : déverrouiller la porte de l’épicerie en scannant le QR code avec son téléphone

Une voix venant du magasin et un message sur l’écran de votre téléphone vous signalent quelques secondes plus tard que la porte est ouverte, Vous pouvez alors pénétrer dans le magasin et choisir vos produits, comme dans n’importe quelle autre épicerie.

Étape 3 : choisir ses produits sur les étagères de l'épicerie Bingobox
Étape 3 : choisir ses produits sur les étagères de l’épicerie Bingobox

Une fois que vous avez effectué votre choix, vous devez déposer vos produits dans un caisson qui va scanner les étiquettes et déterminer la somme que vous devez débourser.

Étape 4 : placer ses produits dans le caisson de lecture Bingobox
Étape 4 : placer ses produits dans le caisson de lecture Bingobox

Le caisson reconnaît les produits grâce aux petites puces électroniques radio-fréquence (dites puces RFID) contenues dans les étiquettes.

Étiquette produit avec puce RFID
Étiquette produit avec puce RFID

Sur l’écran de contrôle situé à côté du caisson, vous pouvez vérifier que les produits ont été correctement reconnus et valider votre commande.

Étape 5 : validation du panier
Étape 5 : validation du panier

En cas de difficulté, il est toujours possible de faire appel à un télé-assistant.

Télé-assistance dans une épicerie Bingobox
Télé-assistance dans une épicerie Bingobox

Si tout est correct, il ne vous reste plus qu’à payer vos produits grâce à votre téléphone,  en utilisant un des moyens de paiement proposés : Wechat (l’application couteau-suisse utilisée quotidiennement par tous les Chinois), Alipay (la solution de paiement mobile du géant chinois du e-commerce Alibaba) ou encore la solution de paiement intégrée à l’application Bingobox.

Étape 6 : paiement (ici, par Wechat)
Étape 6 : paiement (ici, par Wechat)

Une fois le paiement effectué, vous pouvez sortir du magasin. A la sortie, vous devez patienter quelques secondes dans un sas qui s’assure que vous n’emportez pas dans vos poches de produits non payés.  Ensuite, la porte est déverrouillée et vous pouvez sortir.

Étape 7 : sortir du magasin
Étape 7 : sortir du magasin

Au final, l’expérience s’avère extrêmement fluide. Le processus étape par étape est très bien conçu en mettant l’accès sur le côté pratique, facteur déterminant pour l’adoption d’une nouvelle technologie par les Chinois. Ce  genre d’épicerie permet de faire ses courses à toute heure du jour et de la nuit, et vous n’avez même pas besoin d’emporter d’argent liquide ou de carte de crédit : votre téléphone mobile suffit.

Le consommateur y trouve donc son compte. Quant à la société en général, il conviendrait de peser le pour et le contre. D’un côté, il n’y a plus de caissier ; d’un autre côté, ce genre d’épicerie crée de l’emploi : livreurs, personnes qui déposent les produits sur les rayons, équipes de nettoyage, ingénieurs et techniciens en charge de la maintenance du système, télé-opérateurs…

De telles épiceries automatisées rencontreront-elles le succès chez nous ? La principale barrière à l’entrée me semble la faible adoption, à ce jour, des solutions de paiement mobile, en tout cas en France.

Mise à jour du 1er août 2019

D’après un de mes collègues à Pékin, l’une des limites du système est que chaque épicerie ne peut accueillir qu’un client à la fois, pour des raisons de sécurité.  Vraisemblablement, il n’est pas question que deux personnes se retrouvent dans un environnement clos, en dehors de la présence physique d’un salarié. Cela pose donc la question de la rentabilité et de la compétitivité de ce type d’épicerie, sachant que le coût salarial d’un caissier reste faible en Chine et que des épiceries ouvertes 24h/24 avec des salariés en chair et en os, comme Seven Eleven, sont répandues dans les grandes villes de Chine.

D’après un article de Pandadaily,  Bingobox cherche à accroître sa rentabilité en misant sur les économies d’échelle liées à une production de masse et en réduisant ses coûts. Pour se faire, la société cherche notamment à diminuer les coûts de manutention liés à l’apposition d’étiquettes RFID sur les produits, grâce à des systèmes de vision artificielle et au recours à des étagères intelligentes munies de capteurs.

Quoi qu’il en soit, toujours selon ce même article, la véritable question n’est pas tant celle de la rentabilité de Bingobox elle-même que celle des commerçants franchisés qui utilisent sa technologie. Ceux-ci doivent s’acquitter de coûts importants, qui font que les épiceries automatisées ne sont rentables pour eux que dans des zones de chalandise bien particulières.

Des langues vivantes si loin, si proches

homme globe
homme globe

Comment des langues qui se sont épanouies dans des berceaux de civilisation distants de milliers de kilomètres peuvent-elles partager des points communs non seulement en matière de vocabulaire, mais aussi de grammaire ?

Ainsi, pourquoi les sonorités de « maman » en français, 妈妈 (« mama ») en chinois ou même أمي (« ‘umi ») en arabe sont-elles si apparentées ?

Pourquoi les Français apprennent-ils à dire « papa » dès le plus jeune âge, les Russes папа (« papa ») et les Chinois 爸爸 (« baba ») ?

Les similitudes grammaticales sont encore plus incroyables.

Ainsi, dans un groupe d’Anglais, un individu pourra lancer une invitation collective à faire quelque chose par une tournure du type :

let’s watch a movie

(« regardons un film »)

let’s est la forme contractée de let us et :

let = « laisser, laisser faire, permettre »

us = « nous »

watch = « regarder »

a movie = « un film »

Et que dirait un Chinois ?

Il dirait :

让我们看一部电影。

(« rang wo men kan yi bu dian ying »)

Or :

让 = « laisser »

我们 = « nous »

看= « regarder »

一部电影 = « un film »

Autrement dit, les Chinois comme les Anglais utilisent une tournure du type : laisser + nous + action pour traduire le fait qu’un individu lance une invitation collective à faire quelque chose à l’intérieur d’un groupe (l’impératif présent avec « nous » en français).

Comment des civilisations aussi éloignées que celles des Anglais et des Chinois ont-elles pu aboutir à la même structure ?

Faut-il voir dans ces similitudes linguistiques une trace de l’universalité de certains traits de la pensée humaine ?

Quand la préservation du patrimoine s’invite dans le métro

Effet induit par l’incendie de Notre-Dame ? Le thème de la préservation du patrimoine s’invite jusque dans le métro.

Ce matin, à Trocadéro, de charmantes employées de la RATP arrêtaient les voyageurs s’apprêtant à sortir de la station pour leur proposer un café… assorti d’ un prospectus sur les travaux devant être réalisés sur la ligne 6.

Ces travaux, présentés comme nécessaires pour rénover les viaducs du métro aérien parisien, sont introduits sur le thème de la protection du patrimoine architectural.

L’angle eût-il été le même sans l’incendie de la cathédrale ? Faut-il voir dans la combinaison « café + patrimoine » une simple démarche marketing pour faire passer la pilule des travaux, toujours gênants ? Au contraire, cette approche est-elle le signe d’une prise de conscience salutaire ?

Pour ma part, j’opterai pour cette dernière hypothèse, parce qu’après tout, il n’est pas interdit d’être optimiste.

Une découverte : les enfants de la résistance

Les enfants de la résistance
Les enfants de la résistance

Apprendre les leçons d’Histoire peut être fastidieux pour un enfant. En effet, cela passe nécessairement par du « par cœur » pour mémoriser les dates et les événements.

J’ai coutume d’aider mon fils à réviser en lui racontant l’Histoire comme une histoire, avec ses protagonistes et ses rebondissements. Dans le même esprit, la maîtresse de CM2 de mon fils a fait découvrir aux élèves de sa classe le tome 1 d’une bande dessinée intitulée Les enfants de la résistance.

L’histoire se passe dans la France occupée. Dans le secret absolu, un groupe d’enfants d’une dizaine d’années entreprend des actions de résistance, parvient à mobiliser les adultes et à fédérer des réseaux.

Mon fils m’a fait découvrir cette BD… et j’ai dévoré les deux premiers tomes. Comme lui, je suis devenu fan.

L’histoire est palpitante, les personnages touchants et on découvre ou redécouvre l’Histoire sans s’en rendre compte. Action, suspense et identification aux jeunes héros jouent à plein pour aider les enfants à s’approprier ces années décisives pour notre pays. Un dossier documentaire en fin d’album permet d’aller plus loin, en totale cohérence avec les aventures des personnages, qu’il éclaire avec des photos et des archives d’époque.

J’ai hâte que mon fils me prête le tome 3 !

Interview vidéo des deux auteurs, Vincent Dugomier et Benoît Ers :

Madame Irma, les oracles et les instituts de sondage

Madame Irma
Madame Irma

Ce pourrait être le titre d’une fable. En tout cas, cela décrit bien ce qui s’est passé à l’occasion des dernières élections européennes.

Les instituts de sondage prédisaient un fort taux d’abstention, une percée de Bellamy et Philippot à 2-3%.

Au final, la participation fut en forte hausse, les Republicains se sont ratatinés et Philippot peut aller se rhabiller.

Comment expliquer ce décalage entre les prévisions et la réalité ? On peut envisager plusieurs hypothèses :

  • Une incompétence des instituts de sondage français
  • Une absence de pertinence des sondages politiques de manière absolue
  • Une malhonnêteté intellectuelle des instituts français

A l’appui de la troisième hypothèse, on s’étonnera par exemple du fait que la liste UPR de François Asselineau « Ensemble pour le Frexit » n’était bien souvent tout simplement pas proposée aux répondants, alors que cette liste a finalement recueilli plus du double de voix que Philippot.

Quoi qu’il en soit, ce décalage est source d’optimisme. On entend souvent que les instituts de sondage feraient l’opinion. En l’occurrence, les électeurs français ne s’en sont pas laissés conter, et ont voté comme ils en ont eu envie.

Fermeture de magasins Auchan : les gilets jaunes, coupables tout trouvés

Logo Auchan
Logo Auchan

Le Figaro et l’AFP nous annoncent qu’Auchan va procéder à la fermeture de 21 magasins en France. Le groupe aurait « durement subi la crise des gilets jaunes ».

Traduction : les gilets jaunes sont responsables de la fermeture de ces sites et de la menace planant sur 723 emplois.

Peu importe, comme le dit pourtant l’article, qu’Auchan ait perdu un milliard d’euros en 2018, alors que le mouvement des gilets jaunes n’a démarré qu’en novembre. Les « années d’errances stratégiques » pointées par la CFDT ? Un détail sans doute.

Non, les responsables, ce sont forcément les gilets jaunes.

C’est tellement pratique d’avoir des boucs émissaires.

L’art de boire, en Chine et en France

白酒
白酒

L’alcool est une composante de la vie sociale aussi bien en Chine qu’en France, mais avec de notables différences.

D’abord, on ne boit pas la même chose. Le vin est une valeur sûre en France, riche en vignobles et en tradition viticole. En Chine, les repas sont généralement accompagnés de 白酒 (bai jiu), littéralement « alcool blanc » ou « vin blanc ». Il s’agit d’alcool de sorgho, qui titre entre 35 et 53 degrés, dont les deux marques les plus célèbres (et les plus chères) sont Moutai et Wu liang ye.

On ne boit pas non plus dans les mêmes verres. Alors que la contenance d’un verre à vin est comprise entre 8 et 14 cl, un verre à baijiu est souvent tout petit, ce qui permet de multiplier les toasts.

Ce qui nous amène à la manière de boire en société. Il est de coutume, en France, de trinquer avec les autres convives ou de lever son verre en leur honneur, au début du repas. Ensuite, chacun déguste son verre à son rythme. Cela dénote, me semble-t-il, une dimension individualiste assumée dans le plaisir du vin. En France, on assume de prendre son verre et de le porter à ses lèvres en solo, de boire et d’y prendre du plaisir, au nez et à la barbe, si j’ose dire, de la personne que l’on a en face de soi.

Il en va tout autrement en Chine, où l’on ne boit pas seul. Il convient d’inviter les convives à boire avec soi, à chaque verre, et en respectant des priorités : trinquer d’abord avec celui qui invite, avec le chef, avec l’aîné, etc. En matière d’alcool, on ne prend pas son pied tout seul lorsque l’on est entouré. La manière de trinquer répond aussi à un décorum bien particulier. On se lève pour inviter une personne parfois située de l’autre côté de la table, on échange quelques mots, puis on fait cul-sec (干杯, ganbei, ou « verre propre ») avant de montrer ostensiblement à son interlocuteur que l’on a vidé son verre et de retourner à sa place, ou de poursuivre la tournée des toasts.

Après quelques années de pratique (oui, j’ai donné de ma personne !), j’apprécie cette façon de faire : on ne boit pas pour boire mais avant tout pour créer ou nourrir du lien social. Pour un occidental, toutefois, cette façon de boire peut manquer de spontanéité et ne permet pas de se détendre totalement. Elle conduit aussi, surtout lorsque les convives sont nombreux, à boire beaucoup plus, et à boire même quand on n’en a pas envie : on ne refuse pas un toast quand on y est invité.

Boire avec modération est bien difficile en Chine…

Éteindre l’incendie en France

Claire Fontaine - "France burnt/unburnt"
Claire Fontaine – « France burnt/unburnt »

Il y a quarante-huit heures, comme tous les Français, j’ai ressenti une grande tristesse en apprenant l’incendie de Notre-Dame. Cette tristesse était mêlée de colère : la cathédrale partant en fumée était le symbole d’une France en train d’être détruite. C’était l’épisode de trop après le saccage de l’Arc de Triomphe, l’incendie à Saint-Sulpice, les destructions sur les Champs-Elysées, les immeubles qui ont explosé au cœur de Paris…

Ces calamités sont bien sûr de natures différentes et on pourra s’étonner que je les cite pêle-mêle. Mais elles composent pour moi comme un tableau d’ensemble de l’enfer que la France est en train de traverser. Indéniablement, notre pays est plongé dans les ténèbres : ténèbres de la crise sociale et économique, ténèbres de la perte des repères, ténèbres de la perte de mémoire, quand on ne sait plus qui l’on est ni d’où l’on vient.

Dans ce contexte, il nous faudrait des dirigeants d’exception, capables de mettre un terme à la déliquescence nationale et d’ouvrir une voie d’avenir.

A la place, qu’avons-nous ?

Le Président Macron a répondu à la sidération qui nous a tous frappés par une solution toute faite : reconstruire la cathédrale en cinq ans, là où son édification a pris des siècles. Non seulement cette reconstruction sera ultra rapide, mais en plus Macron nous a promis que Notre-Dame serait « plus belle encore ».

Les Français ne sont pas des petits enfants. Notre-Dame n’est pas leur jouet cassé que papa va remplacer bientôt par un jouet encore plus beau. Ce n’est pas de cette façon qu’il conviendrait de sécher les larmes des Français. J’aurais préféré que le Président nous laisse faire notre deuil avant d’annoncer un plan d’action mûrement réfléchi, plutôt que d’entendre des promesses en l’air prononcées alors que les cendres étaient encore chaudes.

Quant au Premier Ministre Edouard Philippe, il vient d’annoncer un concours international d’architecture pour «doter Notre-Dame d’une nouvelle flèche adaptée aux techniques et enjeux de notre époque».

C’est vrai que l’ancienne était totalement désuète. Il était grand temps que le progressisme la fasse entrer dans la modernité.

La flèche s’est écroulée. Edouard Philippe, Philippe Castaner, Emmanuel Macron demeurent.

Certes, il serait injuste de leur faire endosser la responsabilité de l’incendie de Notre-Dame. Mais à mes yeux, comme je l’écrivais en introduction, c’est à cause d’eux que la France se consume, et les flammes qui ont ravagé Notre-Dame sont associées de manière symbolique à l’oeuvre de destruction de la France qui est menée par nos gouvernants actuels : destruction de sa langue, à laquelle Macron préfère une novlangue inclusive truffée d’anglicismes ; destruction de son unité, victime de la mise en opposition systématique des « premiers de cordée » et de « ceux qui ne sont rien », mais aussi du multiculturalisme ; destruction de sa force industrielle, au travers de la privatisation d’Aéroports de Paris, de la Française des Jeux, demain de nos barrages hydroélectriques ; destruction de notre souveraineté nationale, au travers de la poursuite d’une chimérique souveraineté européenne ; destruction de notre état de droit au travers de mesures liberticides ; etc.

Cet incendie-là, malheureusement, est loin d’être éteint, et les pyromanes sont toujours aux commandes.

 

Quand des chercheurs en neurosciences arrivent à la même conclusion que Bergson

Henri Bergson
Henri Bergson

Lu dans Sciences&Vie n°1216 de janvier 2019 : « Le cerveau perçoit les outils comme des prolongements du corps ». L’article est repris en partie en ligne :

« Si nous avons tant de facilité à utiliser un stylo, un tournevis ou un joystick, c’est parce que notre cerveau les perçoit comme des organes à part entière, ont découvert des neurologues français.

Qu’est-ce qui fait de l’homme un si excellent utilisateur d’outils ? Sa capacité à les considérer comme des organes propres, répond l’équipe du Centre de recherche en neurosciences de Lyon dirigée par Alessandro Farnè. Notre cerveau s’avère même capable d’en extraire une riche information sensorielle. »

Bergson ne disait pas autre chose. Ainsi, dans Les deux sources de la morale et de la religion, il écrivait, en 1932 :

« Si nos organes sont des instrument naturels, nos instruments sont par là même des organes artificiels. L’outil de l’ouvrier continue son bras ; l’outillage de l’humanité est donc un prolongement de son corps. »


La vision du philosophe rejoint donc la découverte expérimentale du scientifique.